Projet Axe de la vallée du Saint-Laurent d’Hydro-Québec

(dernière mise à jour : avril 2026)

Le projet

Hydro-Québec prévoit de construire une nouvelle ligne de transport d’électricité à très haute tension dans l’axe de la Vallée-du-Saint-Laurent, un projet majeur destiné à renforcer le réseau principal entre la Capitale-Nationale, la Mauricie et Lanaudière. L’infrastructure comprendrait environ 200 kilomètres de ligne à 735 kilovolts ainsi que deux nouveaux postes électriques. La mise en service est envisagée autour de 2032, avec un lancement des travaux possible entre 2029 et 2032. Hydro-Québec estime que ce renforcement du réseau est nécessaire pour répondre à la croissance prévue de la demande d’électricité liée à l’électrification de l’économie, tout en permettant d’acheminer vers les grands centres l’électricité supplémentaire provenant des nouvelles sources de production du nord et de l’est du Québec.

Ce projet s’inscrit dans la stratégie d’« évolution du réseau » d’Hydro-Québec visant à augmenter la capacité de transport d’électricité au Québec. L’objectif est de pouvoir acheminer vers les grands centres urbains l’électricité supplémentaire qui sera produite dans les prochaines années. La société d’État estime que les investissements nécessaires pour renforcer les grands corridors de transport, dont celui de la Vallée-du-Saint-Laurent, pourraient atteindre près de 10 milliards de dollars.

En Mauricie, la nouvelle ligne traverserait la région d’est en ouest, notamment par les municipalités de Saint-Adelphe, Hérouxville, Saint-Séverin, Shawinigan, Saint-Boniface, Saint-Élie-de-Caxton, Saint-Paulin et Saint-Alexis-des-Monts. Le tracé préliminaire propose de jumeler la nouvelle ligne à des infrastructures déjà existantes, une approche suggérée lors des premières consultations publiques afin de limiter l’ouverture d’un nouveau corridor énergétique et de réduire l’empreinte sur le territoire. Selon Hydro-Québec, environ 90 % du tracé se situerait dans des zones déjà sous servitude, ce qui permettrait de limiter les impacts sur les milieux naturels et les zones habitées.

Le projet est toutefois encore à un stade préliminaire. Hydro-Québec poursuit actuellement les consultations auprès de la population, des municipalités et des organisations locales. Environ 350 résidents et 70 organisations ont été rencontrés dans une zone d’étude couvrant près de 4000 km². Ces consultations visent notamment à préciser le tracé final et à identifier les éléments du territoire qui devraient être évités ou protégés.

Parallèlement, le projet soulève des préoccupations chez certains acteurs régionaux, notamment dans le milieu agricole et forestier. L’Union des producteurs agricoles (UPA) s’inquiète des impacts potentiels sur les terres cultivées et sur les érablières exploitées, et demande qu’elles soient considérées comme des zones sensibles dans la planification du tracé. En réponse, Hydro-Québec a récemment annoncé une bonification des compensations offertes aux propriétaires agricoles et forestiers lorsque des lignes de transport traversent leurs terres. Pour Environnement Mauricie, la ligne de transport crée une fragmentation supplémentaire des milieux naturels, nuisant à la connectivité écologique. Cela dit, en rapprochant la future infrastructure de la ligne existante, il est estimé que l’impact ne serait pas évité, mais minimisé.

Dans l’ensemble, les sources présentent l’axe Vallée-du-Saint-Laurent comme une infrastructure stratégique pour la transition énergétique du Québec, mais dont l’acceptabilité sociale dépendra de la capacité d’Hydro-Québec à limiter les impacts sur les territoires agricoles et forestiers et à adapter son tracé aux préoccupations locales.

Nos actions

  • Analyse de la documentation du projet et des plans
  • Superposition de la ligne projetée aux données des corridors écologiques
  • Partage à Hydro-Québec des données sur les corridors écologiques
  • Participation à une consultation ciblée