Climat
Le Québec s’est fixé des objectifs : une réduction de 37,5 % des émissions d’ici 2030 et l’atteinte de la carboneutralité d’ici 2050. On mesure surtout la réduction des GES avec l’inventaire officiel du gouvernement, mis à jour chaque année. Cet inventaire comptabilise les émissions produites sur le territoire (par secteurs et par types de gaz) selon les méthodes reconnues internationalement. (Ministère de l’Environnement du Québec)
Selon le dernier inventaire disponible (année 2023), le Québec a émis 78,0 millions de tonnes (Mt) d’éq. CO₂. Cela représente une baisse de 8,5 % par rapport à 1990 (l’année de référence la plus utilisée) et une diminution de 1,4 % par rapport à 2022, malgré une forte croissance de la population et de l’activité économique depuis 1990 (Ministère de l’Environnement du Québec). Le Québec affiche aussi un des plus faibles niveaux d’émissions par habitant au Canada : 8,8 t éq. CO₂/habitant (donnée d’inventaire). (Ministère de l’Environnement du Québec)
L’inventaire montre que la réduction est freinée par certains secteurs. Les transports demeurent la principale source, avec 44,8 % des émissions en 2023 (34,9 Mt éq. CO₂). Le transport routier à lui seul représente 33,4 % des émissions totales, ce qui illustre à quel point voitures, camions et déplacements influencent le bilan climatique (Ministère de l’Environnement du Québec). L’industrie arrive ensuite avec 31,7 % (24,7 Mt), puis l’agriculture (9,9 %), le chauffage des bâtiments (7,9 %), les matières résiduelles (5,3 %) et enfin l’électricité et la chaleur (0,5 %), ce dernier chiffre reflétant l’importance de l’hydroélectricité dans le mix québécois. (Ministère de l’Environnement du Québec)
Les données actuelles montrent que, si une tendance à la baisse est amorcée, des transformations beaucoup plus importantes seront nécessaires pour atteindre ces cibles.
Un point important : l’inventaire territorial ne dit pas tout. Le gouvernement souligne qu’en tenant compte de l’effet du marché du carbone (SPEDE, lié au marché Québec–Californie), le Québec affiche en 2023 une réduction de 19,7 % par rapport à 1990, parce que certaines réductions sont “achetées” ou générées à l’extérieur du territoire. (Ministère de l’Environnement du Québec) Enfin, pour parler de consommation, on utilise plutôt l’empreinte carbone (ce que nos achats et activités entraînent ici et ailleurs). Sur ce plan, Statistique Québec rapporte qu’entre 2017 et 2021, l’empreinte carbone des ménages par habitant a diminué d’environ 4 % (de 9,2 à 8,8 t éq. CO₂). (Statistique Québec)
Parmi les groupes d’experts qui suivent attentivement l’évolution des engagements politiques, émettent des avis et recommandations basées sur des analyses scientifiques, le public peut se référer au
- À l’international : Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC)
- Au Canada : Groupe consultatif canadien sur l’environnement
- Au Québec : Comité consultatif sur les changements climatiques
L’élaboration de plans climat municipaux et régionaux s’inscrit dans une démarche structurée à l’échelle du Québec, portée par le Plan pour une économie verte 2030. Par l’entremise du programme Accélérer la transition climatique locale, le gouvernement soutient financièrement les municipalités et les MRC pour réaliser des inventaires de GES, analyser les vulnérabilités climatiques et mettre en œuvre des plans d’action adaptés aux réalités locales. En Mauricie, cette démarche permet de mettre à jour ou de créer les inventaires de carbone, en plus d’arrimer les actions municipales aux objectifs provinciaux de réduction des émissions et de carboneutralité d’ici 2050.
La Mauricie présente un profil d’émissions de gaz à effet de serre (GES) dominé par les transports, une réalité comparable à celle de l’ensemble du Québec, mais accentuée par la grande superficie du territoire et la faible densité de population dans plusieurs MRC. Dans les MRC de Mékinac, Maskinongé et des Chenaux, les déplacements motorisés sont essentiels pour accéder aux services et aux emplois, ce qui entraîne une forte dépendance à l’automobile.
Les inventaires municipaux de GES permettent de préciser ce portrait dans les centres urbains.
À Trois-Rivières, l’inventaire réalisé pour l’année 2018 distingue deux types d’émissions. Les émissions corporatives correspondent aux GES générés par les activités de la Ville elle-même (bâtiments municipaux, flotte de véhicules, éclairage public, etc.). Elles représentent une part relativement faible du total, soit environ 1 à 3 %. À l’inverse, les émissions collectives regroupent l’ensemble des émissions produites sur le territoire par les citoyens, les entreprises et les institutions, notamment les déplacements, le chauffage des bâtiments et certaines activités industrielles. Ce sont ces émissions collectives qui représentent de loin la plus grande part du bilan, soit plus de 95 %, avec le transport routier comme principal poste, suivi des bâtiments. Cette distinction est importante, car elle montre que les leviers municipaux dépassent la seule gestion interne et reposent aussi sur l’aménagement du territoire, la mobilité et la mobilisation des acteurs locaux.
Le plan climat de la Ville de Trois-Rivières est en cours de réalisation par son équipe interne.
À Shawinigan, l’inventaire municipal révèle un portrait similaire, où le transport routier demeure la principale source de GES, mais avec une contribution industrielle proportionnellement plus élevée qu’à Trois-Rivières, en raison de la présence d’installations industrielles majeures. Dans les deux villes, les émissions liées à l’électricité sont marginales, grâce à un approvisionnement presque entièrement renouvelable; ce sont surtout les carburants fossiles utilisés pour se déplacer et se chauffer qui expliquent le bilan.
Le plan climat de la Ville de Shawinigan est en cours de réalisation. L’équipe d’Environnement Mauricie, en collaboration avec l’Institut de la résilience et de l’innovation urbaine, la firme Habitat et COOP Carbone ont été mandatés pour élaborer le plan de travail.
À La Tuque, le portrait des émissions de GES est indissociable de l’ampleur et de la nature de son territoire. L’agglomération couvre plus de 28 000 km², ce qui en fait l’une des plus vastes municipalités du Québec, et la très grande majorité de ce territoire est recouverte de forêts. Ce couvert forestier joue un rôle majeur dans le bilan climatique local : les forêts agissent comme puits de carbone, en stockant le CO₂ dans la biomasse et les sols, même si ce stockage n’est pas comptabilisé dans les inventaires municipaux de GES, qui portent surtout sur les émissions humaines (transports, bâtiments, activités économiques). Les forêts peuvent aussi être une source de carbone lors des grandes saisons d’incendies. En effet, les feux libèrent en peu de temps d’importantes quantités de carbone stocké depuis des décennies, en plus de poser des enjeux majeurs pour la sécurité, la santé et l’économie locale. À La Tuque, ces événements rappellent que les stratégies climatiques doivent intégrer à la fois la réduction des émissions anthropiques et la gestion durable des forêts et des risques naturels.
Quelques chiffres importants concernant les feux de forêt touchant le territoire de La Tuque et la Mauricie
2010
- Plus de 120 incendies dans plusieurs régions du Québec
- Environ 90 000 ha brûlés, dont une part importante en Mauricie
- Évacuations temporaires, notamment dans des communautés autochtones près de La Tuque
2023
- Environ 53 incendies recensés en Mauricie
- Plus de 40 000 ha brûlés dans la région
- Près de 32 incendies sur le territoire de La Tuque, totalisant environ 38 000 ha brûlés
- Saison exceptionnelle par son ampleur
2025
(année plus calme à ce jour)
- Une dizaine de départs de feu en Mauricie
- Moins de 5 ha brûlés dans la région
- Niveau nettement inférieur à la moyenne des années récentes
Le plan climat de La Tuque est en cours de réalisation. L’équipe d’Environnement Mauricie, en collaboration avec l’Institut de la résilience et de l’innovation urbaine et la firme Habitat ont été mandatés pour élaborer le plan de travail. La firme MNP a le mandat de réaliser le plan.
