Station de traitement de l’eau Lac-à-la-Pêche de Shawinigan

(dernière mise à jour : février 2026)

Le projet

Le dossier de la Station de traitement de l’eau du Lac à la Pêche (STELAP) à Shawinigan apparaît comme une crise technique, environnementale, financière et politique qui se prolonge depuis sa mise en service en 2020. Les problèmes de fonctionnement de l’usine, le colmatage rapide des membranes, ont entraîné des rejets de boues contaminées dans le ruisseau Perchaude et privé environ 30 000 personnes d’eau potable pendant plus de 7 mois en 2021 et 2022.

Sur le plan environnemental, Shawinigan a dû entreprendre un long nettoyage du ruisseau Perchaude. Après avoir retiré environ 610 m³ de boues, il restait encore 155 m³ à récupérer en 2025. Une nouvelle phase de travaux de plus de 960 000 $, a été autorisée pour clore l’opération. Cette somme s’ajoute à plus de 1,4 M$ déjà engagés pour le nettoyage. En décembre 2024, la Ville a aussi accepté de régler hors cour une série d’infractions à la Loi sur la qualité de l’environnement, avec des pénalités totalisant 101 224,14 $.

Sur le plan technique, aucune solution permanente n’est encore implantée. En 2024 et 2025, la Ville a lancé ou préparé des études préliminaires afin d’évaluer différents scénarios de réparation ou de mise à niveau, notamment par l’ajout d’équipements de prétraitement et de post-traitement. L’objectif est de définir un scénario technique approuvé par Québec avant de passer aux plans et devis. En octobre 2025, Shawinigan estimait encore qu’il pourrait falloir jusqu’à cinq ans pour régler le dossier.

Entre-temps, la station demeure en fonction, mais la concentration de THM et d’AHA dépasse toujours les normes. La Ville soutient qu’elle tolère cette non-conformité pour éviter de perdre complètement l’usine et revivre une crise d’approvisionnement en eau potable. La santé publique évoque un risque faible, mais réel, lié à l’exposition.

Le dossier est aussi devenu un enjeu de gouvernance et de confiance publique. Dès 2021, des citoyens dénonçaient un manque de transparence, les impacts environnementaux et les coûts croissants. En 2025, ces critiques demeurent présentes, en particulier sur la lenteur du règlement et la communication de la Ville, alors que les dépenses continuent de s’accumuler malgré l’aide financière importante du gouvernement du Québec.

Il y a également de la frustration devant le manque d’imputabilité. Qui avait la responsabilité d’évaluer si la technologie utilisée était adaptée au besoin de Shawinigan et au type de sol où elle a été implantée? L’entreprise qui l’a vendue, le ministère de l’Environnement qui l’a approuvée ou la Ville qui l’a choisie et payée?

Nos actions

  • Production d’une série de vidéo, Capsul’eau, pour démystifier le rejet municipal des eaux usées
  • Colloques Eau et Municipalités à Shawinigan
  • Rencontres et discussion avec des élus locaux