Train à grande vitesse d’ALTO
(dernière mise à jour : avril 2026)
Le projet
Le projet Alto, visant à créer un train à grande vitesse (TGV) entre Québec et Toronto, représente l’un des plus importants projets d’infrastructure envisagés au Canada. Le réseau prévu s’étendrait sur environ 1000 km et relierait notamment Québec, Trois-Rivières, Montréal, Laval, Ottawa, Peterborough et Toronto. Le train circulerait à une vitesse pouvant atteindre 300 km/h, permettant par exemple de relier Montréal et Toronto en environ trois heures. Le corridor desservi regroupe près de 18 millions d’habitants et environ 40 % du PIB canadien, ce qui explique l’importance stratégique accordée au projet.
Le projet est actuellement en phase de planification et de développement. Ottawa a sélectionné le consortium Cadence pour concevoir et construire l’infrastructure, et des consultations publiques sont en cours afin de déterminer le tracé final et l’emplacement des gares. Le corridor préliminaire proposé fait environ 10 kilomètres de largeur, mais il devrait être réduit à moins d’un kilomètre une fois le tracé final déterminé. Les acquisitions de terrains devraient commencer dès 2026 auprès de propriétaires situés dans les zones urbaines, suburbaines et agricoles traversées par le futur corridor. L’objectif affiché est de privilégier des ententes de gré à gré, même si l’expropriation pourrait être utilisée dans certains cas.
La construction complète du réseau pourrait prendre 12 à 15 ans, et l’entrée en service complète du système est envisagée dans les années 2040. Le coût global du projet est pour l’instant estimé entre 60 et 90 milliards de dollars, bien qu’il s’agisse encore d’une estimation préliminaire. Les travaux devraient se dérouler par phases, avec plusieurs segments pouvant être construits en parallèle. Le premier tronçon envisagé relierait Montréal et Ottawa, tandis que la construction du segment Québec–Montréal pourrait commencer quelques années plus tard, possiblement vers 2032-2033.
Pour la Mauricie, la présence d’une gare à Trois-Rivières constitue un élément central du projet. Celle-ci serait située au nord-est de la ville, entre le centre urbain et l’aéroport. Les acteurs régionaux voient dans cette connexion un levier potentiel de développement économique et de mobilité, en facilitant les déplacements vers Montréal et Québec et en améliorant l’attractivité du territoire.
Au-delà de ses retombées régionales, le projet mobiliserait plusieurs secteurs économiques, notamment l’ingénierie, les matériaux de construction, les travaux civils et la fabrication du matériel roulant. Les promoteurs du projet affirment vouloir maximiser les retombées locales et nationales dans la chaîne d’approvisionnement.
Toutefois, le projet demeure à un stade préliminaire. Les prochaines années seront consacrées aux études environnementales, aux consultations publiques et à la définition du tracé final, étapes essentielles avant le début des travaux. Alto représente davantage une orientation stratégique majeure qu’un chantier déjà lancé dont les impacts économiques, territoriaux et environnementaux devront encore être précisés.
Plusieurs critiques se font déjà entendre. Sous l’angle environnemental, ce projet ajoute une fragmentation majeure des habitats nuisant ainsi aux corridors écologiques existants et ce, même si le tracé est en parallèle à l’autoroute 40. Il y a également une crainte que le TGV devienne le gouffre financier des sommes disponibles au Canada pour soutenir les autres projets et besoins d’investissements en transport collectif. Enfin, la création de nouveaux rails plutôt que l’optimisation du réseau existant réservé à la marchandise ou sous performant pour les voies passagères, apparaît comme un choix stratégique très questionnable.
Nos actions
- Veille de l’actualité et des plus récents développements
- Participation à des séances d’information publiques
- Participation à la table ronde consultative sur l’environnement d’Alto
- Rédaction d’un mémoire collectif des organismes environnementaux de la Mauricie
- Membre du comité ad hoc TGV du RNCREQ
- Collaboration à la rédaction d’un mémoire à portée nationale avec le RNCREQ
- Rencontres politiques avec les élus de la Chambre des communes pour les sensibiliser aux préoccupations environnementales
